04 décembre 2011

La mort de Socrates, génie du football

Cette journée du 4 décembre 2011 promettait d'être magnifique sur le plan du football do Brasil : c'est jour de décision, on saura en effet ce soir qui, des Corinthians de São Paulo (qui jouent un clasico brûlant contre leurs ennemis jurés de Palmeiras) ou du Vasco da Gama (qui affronte mon Flamengo au stade d'Engenhão qui promet de bouillir comme aux plus belles heures du Maracanã), sera le nouveau champion du Brasileirão 2011, succédant ainsi au Fluminense FC, sacré l'année dernière après 25 ans de disette.

Mais une triste nouvelle vient jeter une ombre sur la fête, en l'occurence l'annonce de la disparition à 57 petites années de Socrates, le doutor (il était également diplômé de médecine), l'un des plus beaux joueurs que le Brésil ait vu naître, le capitaine de la plus brillante équipe de football ayant jamais existé (la Seleção des années 1982-86, qui n'a malheureusement jamais été sacrée championne du monde), la plus grande idole de l'histoire des Corinthians (pour lesquels il a joué de 1978 à 1984), un des ces joueurs d'une classe et d'une élégance rare, à l'instar de son coéquipier de sélection Zico, qui vous donne envie d'aimer jusqu'à l'excès le football.

Socrates, la classe faite footballeur

Socrates nous a donc quitté à l'aube de ce grand dimanche de football. Il ne verra donc pas le sacre probable (et souhaité) de son club de coeur, qui en empochant son 5ème titre national, lui rendrait ainsi le plus beau des hommages.

26 novembre 2011

My Little Brasil, LE site d'information pour les futurs expatriés !

Je reçois régulièrement des messages de la part de compatriotes français (ou francophones) souhaitant changer d'air, et me posant des questions sur les démarches à entreprendre pour venir s'installer et vivre dans notre beau Brésil. J'essaie d'y répondre dans la mesure de mon temps disponible (qui fond ces dernières semaines comme une Picolé au soleil d'Ipanema), sans toutefois être bien convaincant et exhaustif, je le crains.

Et voilà que j'apprends le lancement d'un petit site (mais qui a vocation à devenir grand), conçu et piloté par Alexandrine Brami, la fondatrice du réseau Linkedin-ien France Brasil Alumni, qui regroupe les diplômés des universités et des grandes écoles françaises résidant au Brésil, qui répond au doux nom de My Little Brasil ! Et il faut bien avouer que le bébé est plutôt bien né, puisqu'il met à la disposition des nombreux internautes francophones qui recherche donc le grand frisson do Brasil une mine d'informations pratiques pour faire le grand saut vers São Paulo ou Rio de Janeiro (dans mon cas, le choix du second nommé sonne comme une évidence, je dis ça, je ne dis rien ;), ou toute autre métropole du Géant-Plus-Endormi-Du-Tout de l'Amérique Latine.


Bref, trève de logorrhée (vous aurez noté que je ne sais pas faire synthétique ;), un seul mot d'ordre : mettez donc My Little Brasil dans vos favoris si vous voulez vous expatrier au Brésil ! Longue vie à lui, et un grand parabens à sa fondatrice et à ses animateurs !

05 novembre 2011

Boycottons les Favela Tours !

Je ne crois pas vous avoir déjà dit toute l'aversion qui est la mienne lorsque je croise dans les rues de Copacabana (où le terrain n'est pas vraiment accidenté...) ces jeeps monstrueuses abritant une cargaison de blancs-bec en short de l'US Army, partant à l'assaut des morros de Rio à la "chasse" aux favelados comme ils iraient au safari dans le cratère du Ngorongoro
J'ai ainsi beaucoup aimé le dessin de Rash Brax que m'a envoyé récemment mon amie québécoise Anne-Marie (avec qui j'avais fait un tour dans la comunidade de Santa Marta, à Botafogo, en août 2010). 
A découvrir ci-dessous ! 

Cliquer pour afficher en + grand ! 

Ah oui autre chose avant de conclure : j'ai reçu plusieurs messages (à vrai dire pas désagréables, cela prouve que je suis un peu suivi ;) de lecteurs inquiets de mon silence de ces dernières semaines. Le fait est que j'ai commencé une nouvelle aventure professionnelle, passionnante et excitante, mais qui m'occupe ma foi un petit peu : je suis en charge du développement du portail de cinéma brésilien Adorocinema.com, qui a été racheté voici quelque temps par le grand frère français Allociné.com. Je promets néanmoins de continuer à vous faire partager mon quotidien carioca avec plus de régularité dans les prochains mois !

15 octobre 2011

Les meilleurs restaurants de Rio : à boire et à manger !

Voici bien longtemps que je n'ai pas pris ma plume pour vous émoustiller les papilles gustatives : en vérité, après une rapide recherche, je n'ai en effet publié qu'un post sur le sujet en 30 mois de vie carioca, et c'était il y a plus de deux ans, où je consacrais la triplette (toujours vaillante) Zaza Tropical - Quadrucci - Satyricon.

Pourquoi ce silence interminable ? Ce n'est pas que je ne sais pas succomber pas de temps à autre aux plaisirs de la (bonne) chère, c'est plus simplement qu'en bon français (il faut bien qu'il nous reste au moins un domaine réservé en ces temps de discrédit sur notre vieille nation), je dois avouer que l'offre gastronomique de Rio est loin de concurrencer (à l'exception de l'ardoise en fin de repas) notre Paris national, ou même une simple capitale régionale de notre bel hexagone.

Je veux néanmoins profiter de la sortie annuelle du guide gastronomique de référence de Rio, en l'occurrence le très exhaustif (plus de 400 restaurants recensés) Comer e beber ("manger et boire") de l'excellent Veja Rio, supplément hebdomadaire du moins excellent (quoique trop libéral à mon goût, mais on ne se refait pas et c'est un autre sujet :) newsmagazine Veja, pour faire un petit update du panorama culinaire de notre capitale tropicale, où l'on sait également déguster autre chose que le prato de base arroz e feijão (riz et haricots noirs) !

Comer & Beber Veja Rio : miam ! 

Petit miscellanée de news gastronomiques à la sauce "Frenchman" bien entendu, enrobée donc d'une pincée de mauvaise foi, en deux temps trois mouvements ! :

1. Rio n'a définitivement qu'un seul grand restaurant, et c'est un français qui le tient :
Je me le tiens pour dit, cochon qui s'en dédit : Le Pré Catelan (le restaurant de l'hôtel Sofitel de Copacabana, drivé de main de maître par le brillant -et stéphanois, pléonasme donc- Roland Villard est le seul établissement carioca qui glanerait une étoile dans le guide Michelin. Et ce n'est pas une insidieuse et misérable fiscalização d'une équipe hygiéniste francophobe dans cet établissement de haute volée qui viendra altérer mon jugement, na !

2. Les restaurateurs cariocas sont de fieffés gangsters :
Quelques exemples parmi d'autres :
Roberta Sudbrack, ci-devant autoproclamée reine de la nouvelle génération des chefs locaux, et un menu somme toute vaguement quelconque au final : 700 R$ pour deux (et c'était il y a déjà 18 mois) ;
- Antiquarius, le prétendu meilleur restaurant portugais (bacalhau et cie) de la ville, une cuisine d'une tristesse insigne servie par des garçons trempés dans le formol : 650 R$ pour deux ;
- Sushi Leblon, où deux makis qui se battent en duel et quatre sashimis qui font une partie carrée reviennent au bout du compte à 300 R$ pour deux, sous le prétexte qu'il y a Leblon dans Sushi Leblon (Leblon au carré même, puisqu'on est dans la très chic rua Dias Ferreira) - sans compter la note de l'oto-rhino, puisqu'on rentre à la maison salement enrhumé à avoir passé deux heures sous une clim' reglée à 12°C et qui souffle plus fort que le blizzard canadien.
Bref, rendez-nous notre bon bistro parigot où l'on s'envoie oeuf mayo - confit de canard - tarte tatin pour 15 € café compris ! :)

3. L'Oro, le nouvel Eldorado ?
Le Show Rio Gastronomia, en août dernier, en le consacrant déjà, m'avait mis la puce à l'oreille. Le Comer e beber, en le célébrant de nouveau, m'amène à croire au miracle : l'Oro, que le jeune chef Felipe Bronze (qui n'a pas encore coulé) a inauguré voici une petite année, serait-il ce deuxième restau de haute volée qu'attend le tout Rio (n'en déplaise aux sus-cités, ou aux autres qui ont encore du boulot pour prétendre à la couronne -Olympe, Gero, Siri Mole e tutti quanti) ? Les auspices sont favorables, il faudra donc se rendre très prochainement rua Frei Leandro, au Jardim Bôtanico, pour valider l'impression qu'un nouvel havre de gastronomie fine et reluisante a vu le jour...en espérant, sans trop y croire, que la note soit aussi tamisée que les lumières enchanteresses de ce nouvel amphitryon.

L'Oro, quelle médaille au final ? 

Ah, encore quelques lignes en forme de dica (reco, bon plan) pour les sensibles du palais :
- A Rio, "tapas" se dit "La Fabrique", et en aucune manière "Venga".
- Pour les fans de bonnes pâtes, c'est le Terzetto Café qu'il vous faut, et pas son grand frère (trop cher et trop guindé) le Terzetto tout court.
- Le bon plan du dimanche midi de verão (été), après un bon bain de soleil au Posto 8 : le Botequim pé limpo (chic) Astor, de l'autre côté de l'avenue Vieira Souto (le bord de mer d'Ipanema).
- Allez un dernier pour la route : vous cherchez la meilleure viande de Rio sans le côté agité de la churrascaria ? C'est le Giuseppe Grill qu'il vous faut (oui je sais le nom est naze mais le restaurant "envoie" de la pure barbaque, et une carte des vins de haut vol !).

Bom apetite !

03 septembre 2011

Pollution, le drame carioca

Si Rio est une ville d'une beauté fascinante, et qu'elle ne vole en rien son appellation de Cidade Maravilhosa, elle est malheureusement -et très régulièrement- maltraitée par ses habitants, et ce depuis des décennies. La croissance effrénée de la ville dans la deuxième moitié du XXème siècle, ajoutée à l'incurie des pouvoirs publics incapables d'investir durablement dans l'assainissement des eaux usées et le traitement des déchets font qu'encore aujourd'hui moins de la moitié des domiciles de l'Etat de Rio disposent du tout à l'égout (selon une étude de l'IBGE -l'INSEE brésilien- parue en 2008). J'ai ainsi pu déjà partager avec vous ma consternation devant le cloaque immonde qu'est devenue la baie de Guanabara, dans laquelle se déverse quantités de rivières polluées, charriant avec elles, dans un rythme effréné et effrayant, plus de 20.000 litres de déchets...par seconde ! Et je vous ai également parlé du fait que la pollution va jusqu'à envahir le sable des plages : les déchets ménagers ne sont ici plus en cause, c'est plus nos "amis" les bêtes et leurs matières fécales qu'il faut incriminer, mais aussi le jeito (style) tout carioca de répandre allègrement ses détritus sur la plage, au mépris du respect de l'environnement et des ses congénères plaisanciers.

Et voilà que je découvre, consterné (de nouveau), dans le Globo du jour (celui d'hier, pour être tout à fait honnête), deux photos des nouveaux dommages que l'homme, dans sa folie coutumière, fait subir à l'environnement dans les très proches environs de la ville de Rio.


Il est commun de penser que le très coté Barra da Tijuca, le quartier des nouveaux riches cariocas, est protégé des dommages environnementaux, de part son relatif éloignement avec la baie de Guanabara, mère de toutes les pollutions (du moins l'imaginait-on). A la vue de la photo ci-dessus, les baigneurs, surfeurs et kiteurs de la plage de Pépé, ou de celle, voisine, de Joatinga, vont devoir ranger sungas (les maillots échancrés typiquement caricoas) et autres planches en tout genre : cette gigantesque tâche noire qui s'écoule depuis le canal de Joatinga est de l'égout, et rien d'autre. Elle est la triste résultante de l'extrême pollution qui règne dans les lacs de Tijuca, Jacarepagua et Marapendi, pourtant préservés d'une quelconque atteinte à leur propreté jusqu'au début des années 80. L'urbanisation à marche forcée, la cupidité des promoteurs locaux et l'aveuglement des pouvoirs publics (stimulé il est vrai par les multiples propinas -dessous de table- dont ils ont bénéficié) ont fait de ce coin de paradis une plage impropre à la baignade toute l'année durant.


De l'autre côté de la baie de Guanabara, c'est Niteroi, une ville moderne de quelques 500.000 âmes, moderne et sans cachet particulier, célèbre avant tout pour son Musée d'Art Contemporain, conçu par le toujours vert Oscar Niemeyer (qui va quand même sur ses 104 ans cette année !). Depuis le centre de Niteroi courent quelques cours d'eau, ou ce qu'il en reste, en direction des plages (dont quelques-unes superbes) du nord de la ville, ou vers la fameuse baie de Guanabara, au sud. La photo ci-dessus montre que l'eau de la rivière a bien du mal à se frayer un chemin, entre pneus usagés, sacs plastiques, canettes et autres parapluies (!). L'odeur fétide et la vision dantesque incommodent tout un quartier, sans que cela ne semble émouvoir plus que cela la préfecture de la ville -il faut dire bien peu aidée par les très mauvaises habitudes prises par les habitants de balancer à peu près tout à peu près n'importe où...

Les brésiliens, et les cariocas en particulier, ont hérité de Mère Nature d'un trésor prodigieux. Il serait bon, pour leur propre salut et celui de l'humanité tout entière ("Amazonie, poumon vert...") qu'ils songent à le préserver un peu (voire beaucoup) mieux.

08 août 2011

Quelques belles images de la forêt de Tijuca...et la Casa das Canoas

Désolé de faire enrager mes lecteurs de France, mais cet hiver (!) carioca est en tout point délicieux en ce qui concerne la météo. Ce week-end en fut la plus parfaite illustration, avec un ciel bleu azur et une agréable température d'une trentaine de degrés. L'occasion de partir se balader en famille sur les routes escarpées du fameux  Parc de Tijuca, considéré comme la plus grande forêt urbaine au monde -c'est évidemment ce qui fait la magie de Rio, cet enchevêtrement permanent d'habitations, de verdure flamboyante et de mer (pas toujours cristalline, j'en conviens ;).

En voiture donc pour cette petite balade, qui comptera au total quatre arrêts :

# La Vista Chinesa ("vue chinoise", en raison du petit édifice en forme de pagode qui s'y dresse) et son point de vue formidable sur la Zona Sul de Rio : c'est l'un des rares endroits où l'on peut embrasser d'un seul coup d'oeil le Corcovado et le Pain de Sucre, les deux "cartes postales" les plus célèbres de la ville merveilleuse ;

# La Mesa do Imperador ("table de l'empereur"), appelée ainsi car l'empereur du Brésil Dom Pedro II y avait établi ses quartiers d'été, quand la chaleur tropicale harassait le centre-ville (il y fait en effet beaucoup plus doux, du haut de ses quasi 500 mètres d'altitude) ;

# Le Mirante das Canoas, sur la route du même nom, qui offre une très beau point de vue sur la Pedra da Gavea et le quartier de São Conrado.

# Enfin, la Casa das Canoas, située un peu au-dessus du Mirante pré-cité, précisement au n°2310 de l'estrada das Canoas, est une très belle demeure (quoiqu'un peu "rouillée" par des années d'entretien erratique) conçue par le grand architecte brésilien Oscar Niemeyer, dans laquelle ce dernier a habité entre 1952 et 1961, avant qu'il ne parte loger dans Brasilia la nouvelle -au sein de laquelle nombre d'édifices portent sa patte, voir le post que je vous ai proposé l'année dernière sur la capitale du Brésil. José, le fidèle concierge (qui y travaille depuis 38 ans) vous y accueille de manière très informelle (ne pas hésiter à sonner et à demander à visiter la maison -moyennant une petite propina de 10 R$ par personne, tout de même...), et l'on tombe au gré du petit tour dans la demeure sur de nombreuses maquettes de projets réalisés par le maître dont certains ont vu le jour (la Cathédrale Métropolitaine de Brasilia) et d'autres non (la Tour d'Embratel, qui devait se dresser sur un morro de la forêt de Tijuca, pour "répondre" au Christ Rédempteur, mais qui a été enterré pour ne pas concurrencer le Seigneur du Corcovado...).

Vue depuis la Vista Chinesa, un peu embrumée...
Vista Chinesa, en vo :)
Mesa do Imperador
Vue depuis la Mesa do Imperador
La Pedra da Gavea depuis le Mirante das Canoas
Vue extérieure de la Casa das Canoas... 
...et vue intérieure
Maquette de la Cathédrale Métropolitaine de Brasilia
Maquette de la Tour d'Embratel
Deux heures de petit tour, un déjeuner en suivant au Couve-Flor, l'un des meilleurs restaurants au kilo de Rio situé tout près du Jardim Botânico, bref un excellent demi-samedi !

05 août 2011

Concert de l'Octopus Brass Band, en soutien à Terr'Ativa

Je vous ai déjà entretenu voici quelques semaines du travail remarquable qu'effectue l'ONG franco-brésilienne Terr'Ativa au service des enfants (et des parents) de la communauté du morro do Fuba, dans le quartier de Cascadura, à Rio, dans des conditions difficiles (peu de moyens, un quartier encore non pacifié -en témoignent les récentes escarmouches entre les traficants et la milice, qui domine le morro), sans oublier le drame qu'a vécu l'organisation en février 2007 avec le lâche assassinat de trois de leurs membres, dont la fondatrice de l'ONG, Delphine Douyère.



Terr'Ativa est parvenue à surmonter ces difficultés et fête aujourd'hui ses douze ans d'existence à Rio. Pour fêter dignement cet anniversaire, un concert exceptionnel de la fanfare française Octopus Brass Band (qui appartient au réseau "Fanfares sans frontières") sera donné ce mardi 9 août à 19h00 au sein du Théâtre de la Maison de France (PSA Peugeot-Citroën, permettez ! ;), avec les participations spéciales du sambista Aleh Ferreira, de l'Orquestra Voadora et de nombreux enfants du Morro do Fuba !

Ci-dessous un petit extrait du concert de rue de l'Octopus Brass Band dans les rues de Lapa voici quelques jours !


L'intégralité de la recette sera reversée à Terr'Ativa, pour poursuivre et intensifier ses actions en faveur de la communauté de Fuba. Venez donc nombreux à l'évènement !


# TEATRO MAISON DE FRANCE :  Avenida Presidente Antonio Carlos, 58 - Castelo / Centro – Rio de Janeiro
- Prix des billets en achat anticipé : 30 R$ 
par téléphone au (21) 4003-2330 ou à la billetterie du théâtre tous les jours de 14h00 à 19h00; 50 R$ sur le site Ingresso.com
- Prix des billets le jour du concert : 50 R$. 

01 août 2011

Coupe du Monde 2014 : ça sent le pâté...

A un peu plus de 1000 jours du début de la XXème Coupe du Monde de Football de l'Histoire, qui aura lieu dans le pays 5 fois champion du monde de ce noble (?) sport, en l'occurence le Brésil, le tableau que l'on peut dresser des préparatifs de celle-ci est des plus sombres...

En voici la preuve en 4 points :

# Les stades sont à des années-lumière d'être prêts à accueillir la compétition :  sur les 12 arènes qui doivent accueillir la Coupe en 2014, seuls trois d'entre elles respectent le calendrier initial des travaux qui leur avait été imparti. Plusieurs ont vu leurs travaux être repoussés (ou même interrompus, dans le cas du stade de Porto Alegre) pour des recours en justice liés à d'appel d'offres pas toujours transparents, et trois d'entre eux (les stades de Natal, de Curitiba et de São Paulo) en sont encore seulement au stade de projet, ou quasi, près de quatre ans (!) après la décision de la FIFA d'attribuer la Coupe du Monde au Brésil. La situation à São Paulo est la plus ubuesque, où, après de nombreuses tergiversations et interventions politiques (dont celle, décisive, de l'ex-président -et corintiano- Lula), il a décidé de ne pas réformer le pourtant très beau stade du Morumbi, pour environ 200 millions de reais, mais de construire ex-nihilo une nouvelle arène dans le quartier paumé d'Itaquera, qui deviendra le stade résident des Corinthians, le tout pour la modique somme de...1 milliard de reais (financé à 80% par des fonds publics, cela va sans dire) !

Les stades et les villes en 2014 (cliquer pour agrandir)

# Les infrastructures de transports sont encore très sous-dimensionnées : si l'état d'avancement des stades inquiète jusqu'au plus ardent des supporters de la Seleção, que dire des transports, et en particulier des aéroports, qui, dans 8 villes d'accueil sur 12, fonctionnent déjà bien au-delà de leur capacité théorique -il en résulte de nombreux retards, en particulier aux aéroports -saturés- de Guarulhos (São Paulo) et Galeão (Rio de Janeiro). Les travaux d'extension prennent un temps fou, à telle enseigne que la présidente Dilma elle-même a convoqué voici un mois une réunion interministérielle spécialement dédiée au sujet, où il a été décidé de privatiser la gestion des trois plus importants aéroports du pays (les deux premiers cités, et celui de Brasilia), dans l'espoir d'agréger de nouvelles ressources et d'accélérer le processus de réformes. Une autre crainte (plus que fondée dans le cas de la ville de Rio) est l'insuffisance des transports urbains dans de nombreuses villes, et quasiment rien n'a été entrepris pour l'instant pour améliorer la situation. Les supporters en 2014 devront sans aucun doute s'armer de la plus grande des patiences...

Files d'attente a l'aéroport de Guarulhos (SP) : vous avez dit bazar ? ;)

# La CBF et son président Ricardo Teixeira sont très contestés : la CBF, c'est la Confédération Brésilienne de Football, l'équivalent de la FFF. Ricardo Teixeira, c'est son tout-puissant et polémique président, et ce depuis...1989, sans discontinuer ! Cette hégémonie à la tête du sport national lui a permis de se construire un réseau politico-économique de premier ordre, lui donnant un statut de quasi intouchable dans le pays, et ce malgré les innombrables malversations dont il aurait été l'auteur tout au long de son règne à la tête de la CBF. Chose hallucinante, il est même parvenu à faire du Comité Local d'Organisation de la Coupe du Monde (le COL) une société dont il est le seul actionnaire physique, et pourrait ainsi en pratique empocher personnellement l'intégralité des bénéfices que générera le COL ! Face à de telles pratiques, les amateurs de football (et les autres) se révoltent enfin : un Front National des Supporters s'est constitué, et mène actuellement une campagne intense (plus de 300.000 tweets en une semaine du hashtag #ForaRicardoTeixeira sur Twitter, par exemple) pour discréditer Teixeira, et demander aux députés d'ouvrir une enquête sur les pratiques de la CBF. Je doute que cela soit suffisant pour débouler celui qui vient, dans une subtile pirouette, de traiter les médias anglais de "corrompus" (en référence à l'attribution polémique de la Coupe du Monde 2022 au Qatar, où les anglais ont pourtant été superbement floués par la FIFA -dont Teixeira est un éminent représentant), malgré les nombreuses inimitiés qu'il s'est créées (au hasard au Brésil Pelé, Romario, Ronaldo...). Quoi qu'il en soit, ambiance très pesante...

Teixeira en dictateur jouant avec les bénéfices du COL...

# La Seleção est aux abonnés absents : peut-être finalement la pire des nouvelles pour les 190 millions de torcedores (supporters) brésiliens, l'équipe nationale vit l'une des pires phases de son histoire : après l'ère Dunga qui s'est soldée par un retentissant échec au Mondial 2010 (et une élimination en 1/4 de finales par les Pays-Bas), l'espoir était revenu avec la nomination d'un entraîneur porté vers l'offensive (Mano Menezes) et l'éclosion de jeunes pépites telles Neymar ou Ganso. Mais la Copa America 2011, qui vient de s'achever sur la piteuse élimination du Brésil, de nouveau en 1/4 de finales face au modeste Paraguay, a douché les espoirs des plus fervents supporters : absence de fonds de jeu, niveau technique indigne de la Seleção, prétendus leaders -Julio Cesar, Lucio, Elano...- en méforme, choix tactiques contestés, le tableau est très sombre pour le Pentacampeão, tellement sombre que l'immense majorité des brésiliens, récemment interrogés par le newsmagazine Veja, parient sur un autre vainqueur que le pays-hôte en 2014 (à 83% !). Comment dans ces conditions laver l'affront subi en 1950, lorsqu'en plein Maracanã, le petit Uruguay battit à la surprise générale le Brésil en finale de la première Coupe du Monde jouée sur la terre de Pelé ?

Neymar : c'est la coupe le problème ? 

Bien sûr, il reste encore trois ans pleins au Brésil pour faire de "leur" Coupe du Monde une gigantesque fête réussie, mais il ne va pas falloir trop lambiner en cours de route maintenant : le compte à rebours est lancé, et il ne faudrait pas que les mauvaise augures qui tournoient autour de l'embryon "Copa do Mundo 2014" accouchent d'un bébé en phase avec les prémonitions pessimistes de la grande majorité de la population : toujours selon Veja, la Coupe du Monde rime plus pour l'instant avec "corruption" et "mauvaise image" qu'avec "football champagne" !

31 juillet 2011

Infographie : les différentes vues du Brésil

Au hasard de mes balades sur Internet, j'ai découvert, sur la version brésilienne de l'excellent site ReadWriteWeb, l'infographie suivante, qui revisite la géographie des 26 états du Brésil (et du District Fédéral, ie la capitale Brasilia) en fonction du poids relatif de chacun d'entre eux sur différents critères socio-économiques clés.



Les 26 états sont structurés en 5 grandes régions administratives :
- Norte (en tons verts)
- Nordeste (rose)
- Centro-Oeste (rouge)
- Sudeste (jaune)
- Sul (bleu)

Où l'on voit :
# La surpondération du Nordeste pour ce qui concerne la densité de population, le nombre d'enfants...mais aussi malheureusement la mortalité infantile ;
# Le poids considérable de la région Sudeste (qui compte les trois états les plus peuplés et les plus riches -Minas Gerais, São Paulo et Rio de Janeiro- du pays) dans l'économie du pays (PIB, nombre de voitures)
# Le très faible impact socio-économique de la région Norte (et de ses deux états phares, l'Amazonas et le Para) : peu d'habitants, peu d'enfants, pas de voitures, peu de revenus...mais l'Amazonie, le fameux poumon de la planète !

Intéressant, non ?

02 juillet 2011

Les 10 plus laids (et les plus beaux) monuments architecturaux de Rio !

Que Rio soit une ville absolument fantastique pour ce qui concerne son site naturel ("abençoado por Deus", disent les brésiliens, traduire "béni des dieux"), c'est un point sur lequel tout le monde s'accorde. Le grand écrivain autrichien Stefan Zweig, qui finira sa vie entre Rio et Petropolis, n'est pas le moindre de ses admirateurs, lorsqu'il écrit que "Il n'y a pas de ville plus belle au monde, et aucune n'est aussi inépuisable et inextricable...La mer a formé des zigzags étranges de ses côtes et la montagne a dressé des écrans prodigieux...Partout où se pose le regard à Rio, il est émerveillé." 


Rio de Janeiro, côté pile...

En revanche, la question du legs de l'homme en matière architecturale dans notre Cidade Maravilhosa est pour le moins...contestée. Entres immeubles d'habitation hideux construits à la va-vite, en particulier lors de la décennie d'or de Copacabana (les années 1960), édifices publics au style éminemment douteux (que dire par exemple de la tour Correios qui défigure -c'est vrai que ce n'est pas la seule...- la plus grande avenue de la ville, la Presidente Vargas ?), ou immeubles de bureaux laids et sans aucune cohérence stylistique (voir par exemple les quelques barres atroces qui polluent les alentours de la Praça Maua), force est de constater que les architectes cariocas n'ont pas fait preuve au cours des décennies passées d'une grande inspiration !

...et côté face, l'hideuse Praça Maua

Pour évaluer l'étendue des dégâts, le supplément carioca de l'excellent newsmagazine Veja (qui répond logiquement au doux nom de Veja Rio) a ainsi demandé à trente architectes de la ville (exercice expiatoire s'il en est ;) d'établir la liste des 10 monuments les plus laids de Rio. Le résultat de l'enquête, accessible ici, présente en effet quelques spécimens particulièrement redoutables de mochetés architecturales, mais met au pilori d'autres constructions qui selon moi ne font pas partie des "horreurs" en béton de la ville. Ainsi s'il n'est pas difficile de détester le New York City Center -et sa grotesque réplique de la Statue de la Liberté, cet immense shopping mall qui trône sur la fameuse Avenida das Americas, à Barra da Tijuca, ou si l'on ne peut être qu'en phase au moment de vouer aux gémonies la Catedrala Municipal et sa forme pataude de Flanby géant retourné, on pourra contester la présence dans ce flop 10 du Sambodrome, qui a le mérite d'être esthétiquement cohérent et très fonctionnel, ou encore de la Cité de la Musique, dessinée par l'architecte français Christian de Portzamparc, aux lignes aériennes plutôt réussies...ouvrage qui plus est n'est même pas encore terminé !

New York City Center, ouh que c'est laid ! 
Catedrala Municipal, pourtant très majestueuse à l'intérieur...

Le Sambodrome...bon ok c'est en plein défilé, ça valorise le béton...
La Cidade da Musica, moi, j'aime bien...

Et puis tout de même, il existe également quelques bâtiments plutôt réussis à Rio ! Veja Rio offre ainsi le contrepied aux quelques horreurs décrites ci-dessus (tiens il y a aussi le sinistre obélisque -qui a depuis perdu sa passerelle- qui trône au bout d'Ipanema, et mérite sans conteste sa place dans ce top de la laideur) en proposant un classement des oeuvres architecturales les plus réussies de la ville, et ça se passe ici. Là encore, de mon modeste point de vue, le résultat est assez contestable : autant on peut s'accorder sur la beauté du Théâtre Municipal, récemment rénové, la magnificence du Copacabana Palace ou l'élégance des Arches de Lapa, autant s'extasier sur le quelconque Parque Guinle ou promouvoir l'esthétique très ringarde de l'Edificio Biarritz ne me semble pas faire trop de sens...

Le Théâtre Municipal, très inspiré...de l'Opéra Garnier
Superbe Copacabana Palace
Les Arches de Lapa...sans le fameux "bonde"
Parque Guinle, ouais, un parc quoi...
Immeuble Biarritz, sur Flamengo : art-déco, so what ?

Qu'en dites-vous ? Quels sont pour vous les plus belles réussites et les plus gros échecs de Rio de Janeiro en matière architecturale ?


22 juin 2011

Petite balade sur le Morro da Babilônia !

Dans la série "découvrons les joies des -multiples- grimpettes sur les montagnettes de Rio et ses alentours" , et après vous avoir fait grimper la Pedra Bonita en ma compagnie, ou avoir partagé avec vous la superbe vue sur Copacabana depuis le Morro do Leme, je vous propose de m'accompagner, oh pas très loin du coeur de la Cidade Maravilhosa, puisque nous allons rester dans la Zona Sul prompte aux promenades de bord de mer -mais pas seulement.

La promenade écologique du Morro da Babilônia, puisque c'est bien d'elle dont il s'agit, est une balade tranquille d'une trentaine de minutes à travers une Aire de Protection Environnementale, récemment restaurée puis rouverte suite à l'installation en 2008, au sein des petites favelas de Babilônia et de Chapeu Mangueira, de l'une des premières Unités de Police Pacificatrice (les fameuses UPPs) de l'Etat de Rio. Jusqu'alors, il était hasardeux, pour d'évidentes raisons de sécurité, d'emprunter le sentier qui serpente au-dessus des deux communautés, jusqu'au sommet du Morro où fut tourné, en 1959, l'oscarisé "Orfeu Negro" de Marcel Camus (film, qui disons-le tout net, a terriblement vieilli et donne une image tristement "coloniale", passéiste et bien-pensante des habitants de Rio).

Bref, revenons à la balade en elle-même ! Le plus difficile, presque, dans cette mini-randonnée, est...d'en trouver le départ ! Le plus simple reste d'emprunter le métro de Rio, de descendre à la station Cardeal Arcoverde de Copacabana, et de là d'attaquer la montée (asphaltée) de la Ladeira do Leme, qui conduit jusqu'à la rue General Cardoso de Aguiar, dont l'entrée est barrée par une guérite de l'armée (nous rentrons en effet en zone militaire, aucune crainte à avoir donc ! ;). Nous poursuivons dans la rue Aguiar, jusqu'à rentrer enfin dans la fameuse Mata Atlântica, non sans douter quelque peu de notre chemin en raison du terrain chaotique sur les dernières mètres avant de pénétrer dans la forêt...puis nous tombons, rassurés, sur le panneau indiquant "Trilha da Babilônia" ("randonnée de Babilônia") !

Le plan d'accès à la balade :


Agrandir le plan

C'est la bonne route ! 

Nous poursuivons la marche pendant une vingtaine de minutes (à tout casser :) avant d'arriver au sommet du dit Morro, où, malgré le temps un peu fechado (couvert) la vue est magnifique : on est aux premières loges pour admirer du côté sud la orla (bord de mer) de Copacabana et ses immeubles finalement assez laids, et disposer d'une vue imprenable et originale, du côté nord, sur la baie de Botafogo, puis plus à gauche, sur le fameux morro du Corcovado et le Christ Rédempteur à son sommet. Une large pierre plate nous y accueille (au sommet du Morro), et s'avère être le lieu idéal pour déguster le goûter avec les enfants, en toute sérénité. En redescendant, quelques percées de ciel dans la dense forêt atlantique nous permettent d'apercevoir le Morro de Leme et le fort Duque de Caxias qui y trône fièrement. 

Copacabana, belle ou laide ? 
Le Christ, au loin !  
La baie de Botafogo mouchetée de bateaux
Flamengo et sa plage
Le fort au sommet du Morro de Leme

Décidément, cette ville a ceci d'incroyable que tout en restant dans son sein, vous parvenez en 5 minutes à vous évader de la fureur de l'agitation citadine et des bruits de la circulation intense, pour vous retrouver, seuls et quasiment perdus, au milieu d'une dense végétation, à entreprendre des balades bucolico-touristiques qui valent vraiment le détour...et le coup d'oeil ! Valeu, Rio !  

17 juin 2011

Quand Dilma écrit à FHC...

J'ai souvent eu l'occasion sur ce blog, mais aussi sur l'espace que m'avait accordé Rue89 lors de la présidentielle brésilienne l'an dernier, de vous faire part de l'admiration et du respect que j'avais pour le travail colossal qu'a mené l'ancien président Lula da Silva durant 8 ans, pour réduire les inégalités -encore indécentes- qui gangrènent le Brésil, tout en accélérant le développement économique -et l'attractivité internationale- du pays (à ce sujet, et pour les heureux résidents au Brésil, je ne peux que vous encourager d'aller voir le formidable documentaire "Familia Braz - Dois Tempos" qui illustre, à travers les témoignages d'une famille de la classe moyenne de la banlieue de São Paulo, les considérables changements intervenus dans la société brésilienne entre les années 2000 et 2010). Mais je ne vous ai finalement jamais parlé du prédécesseur de Lula, le sociologue et économiste Fernando Henrique Cardoso, "FHC" pour les intimes -et aussi pour tous les autres.

FHC et ses bouquins...
 

A l'instar de Lula, FHC a gouverné le Brésil pendant deux mandats consécutifs, de 1994 à 2002, sous la bannière du PSDB, le parti de centre-droit qu'il avait lui-même fondé en 1988. Il fut également un excellent ministre des affaires étrangères, puis de l'économie, sous le gouvernement d'Itamar Franco, entre 1992 et 1994. Auréolé du succès du Plan Real (1993), qui vit l'ancien cruzeiro -déprécié par des années d'hyperinflation-  remplacé par la monnaie actuelle du Brésil, il bénéficia ainsi d'une rampe de lancement idéale pour être élu président, et ce dès le premier tour de l'élection présidentielle de 1994.

Je pourrais vous parler plus longuement de la carrière et du bilan de ce vrai homme d'Etat, démocrate dans l'âme, cultivé et sensible, mais il s'avère que la présidente en titre, Dilma Rousseff, a eu le bon goût de lui adresser une carte élogieuse à l'occasion de la célébration de son 80ème anniversaire, qu'il atteindra ce samedi 18 juin. Je vous en livre ci-dessous les meilleurs extraits...avant de vous reparler un peu du contexte...

"Cher Fernando Henrique, il y a tant de traits de votre caractère à rendre hommage en ces jours où vous fêtez vos 80 ans. L'académicien innovant, le politique habile, le ministre-architecte d'un plan durable de sortie de l'hyperinflation, et le président qui a contribué de manière décisive à la consolidation de la stabilité économique du Brésil. Mais je veux également mettre en avant le démocrate que vous êtes, qui a lutté pour ses idéaux, toujours d'actualité aujourd'hui...Vous avez toujours cru dans la force du dialogue comme moteur de votre politique, et ce fut essentiel pour la consolidation de la démocratie brésilienne durant les huit années de votre mandat. Ainsi, vous avez été le premier président depuis Juscelino Kubitschek -en 1961- à laisser la place à un successeur de l'opposition qui soit également élu...Je ne cache pas que ces dernières années nous n'avons pas toujours partagé les mêmes opinions, mais, justement à cause de cela, mon admiration pour votre ouverture dans la confrontation franche et respectueuse des idées s'en est trouvée renforcée. Cher Président, toutes mes félicitations et une accolade -abraço en portugais- affectueuse !". Dilma Rousseff

Le site 80anosFHC.com.br et la lettre de Dilma

Ces compliments, plutôt rares sur la scène politique brésilienne, sont d'autant plus notables qu'ils s'adressent à un homme, qui, s'il a certes sa carrière politique derrière lui, a été un talentueux opposant à Lula -le prédécesseur de Dilma à la présidence du pays et principal instigateur du sacre de la nouvelle chef de l'Etat. Un opposant d'un tel talent que FHC aura vaincu par deux fois, et de manière assez nette, le fondateur du Parti des Travailleurs à l'élection présidentielle (en 1994 et 1998, donc), avant que finalement ce dernier ne l'emporte, en 2002...mais sans affronter son carrasco (l'équivalent de notre "bête noire"), qui ne put se représenter pour des raisons constitutionnelles (les mêmes qui ont empêché Lula de prétendre à un troisième mandat). Au-delà, et comme l'a souligné avec délices l'opposition tucana (le toucan est l'emblème du PSDB, le parti fondé par FHC), ce geste peut être interprété comme une "tentative (de Dilma) de prendre de la distance avec son mentor (Lula)" dans une conjoncture politique compliquée (avec la récente démission de son ministre de la Maison Civile, Antonio Palocci) qui refait surgir le spectre d'un interventionnisme "lulien" dans les affaires du pays...

02 juin 2011

Les 10 meilleures sambas de l'Histoire !

Aujourd'hui, je suis d'humeur légère. Voilà un état d'esprit tout trouvé pour m'échapper du côté sérieux, voire compassé du présent blog, et vous présenter, en toute modestie (?) et subjectivité, quelques-unes de mes chansons de samba préférées. Et comme je ne fais pas les choses à moitié et qu'il n'est quand même pas question de la jouer "low profile" sur ce blog qui flirte tout de même régulièrement avec Narcisse, j'ai donc intitulé ce post "Les 10 meilleures sambas de l'Histoire" (avec un grand H, vous l'aurez aussi noté) ! Loin de moi cependant la prétention de rivaliser avec les sites ou blogs référents en la matière (en vérité un seul, formidable, intitulé Bossa Nova Brasil que je vous recommande chaudement, tenu et animé par Thierry Gillmann, dont la connaissance encyclopédique de la musique brésilienne ne cesse de me sidérer), mais j'aime bien être assez définitif dans mes propos, c'est l'un des reproches (ou louanges ? ;) que l'on me fait souvent...

Bref, allons-y, en musique et en images, quel outil formidable ce Youtube quand même !

1. On commence avec l'incontournable Rainha do Samba, Beth Carvalho (que nous avons eu la chance de voir en concert voici une dizaine de jours) et son hymne à la fête justement intitulé "Vou festejar", chanson qui passe en boucle lors du Carnaval de Rio, au sein de quasiment tous les défilés de blocos. Chora, não vou ligar, chegou a hora, vai me pagar !!...


 2. On continue avec le débonnaire, sympathique et évidemment carioca Zeca Pagodinho, qui avec "Verdade", a pondu en 1996 une magnifique samba-pagode, qui fut logiquement l'un des plus gros succès de sa belle et déjà longue carrière. Descobri que te amo demais !...


3. Que dire du "Foi um rio que passou na minha vida", l'hymne de la nation portelense (la traditionnelle école de samba de Portela), écrit en 1970 par le grand Paulinho da Viola, qui fut d'ailleurs le plus gros tube de cette année au Brésil. Se um dia, meu coração for consultado, para saber se andou errado, sera dificil negar...


4. Puisqu'on parle de Portela, comment oublier "Exaltação a Mangueira", cette autre samba intemporelle, écrite en 1956 par le duo Eneas Brites da Silva / Aloisio Augusto de Costa en hommage à la plus grande école de samba de Rio (donc du monde), Estação Primeira de Mangueira ? Cette "exaltation" est devenue l'hymne incontournable de l'école rosa e verde, avec laquelle débute chaque présentation de Mangueira dans les travées du Sambodrome, année après année. J'aime tout particuilèrement la version chantée par la Velha Guarda de l'école (la "vieille garde"), ici en "duo" avec le mangueirense doente Chico Buarque (dont on va reparler). Chegou, ho hoooooo, a Mangueira chegou ho hoooo...


5. La samba a ça de magique qu'elle ne peut laisser votre corps et votre âme indifférents. Quand retentissent les premiers accords, vous voilà en train de vous trémousser, avec de surcroît une large banane sur le visage ! Cette joie simple, cette force irrésistible qui vous fait lever de votre chaise, on les ressent comme des évidences en écoutant "Canta canta minha gente", écrite en 1974 par l'immense Martinho da Vila, chanson aux paroles d'un optimisme forcené, tellement...carioca ! Canta canta minha gente, deixa a tristeza pra là, canta forte canta alto, e a vida vai melhorar !!...


6. Nelson Cavaquinho, l'un des pères historiques de la samba, qui aurait eu 100 ans cette année (et qui fut fêté comme il se doit par Mangueira lors du défilé de cette année), a composé cette merveille intitulée "Folhas secas", portant aux nues son école de coeur et le morro (de Mangueira) où il vécut longtemps. Je vous livre également la très belle version que chante Beth Carvalho...Não sei quantas vezes subi o morro cantando...



7. Encore un bijou de samba, imaginée par une triplette magique, Chiquinho, Mauricio Lins et Acyr Marques, que l'on entend régulièrement dans les nombreuses casas de samba du quartier nocturne et musical de Lapa. Il est ici interprétée par un fameux duo, composé pour l'occasion : le vénéré -et déjà cité- Zeca Pagodinho, et le fondateur du fameux groupe-orchestre Fundo do Quintal, Almir Guineto. Destino, porque fazes assim, tenha pena de mim ?...


8. Le mestre Cartola. L'une des légendes de la samba, fondateur en 1928 de la grande Mangueira, puis oublié de tous avant de renaître dans les années 70 et d'obtenir enfin la consécration que son talent unique de compositeur et d'interprète de quelques-unes des plus belles sambas de l'histoire méritait. Thierry, sur BossaNovaBrasil, vous en dit plus sur ce personnage clé de la chanson brésilienne, disparu en 1980 et aujourd'hui vénéré à l'égal d'un demi-dieu. Il a composé, parmi tant d'autres, cette incroyable chanson intitulée  "Alvorada" et reprise par tout ce que Rio compte de sambistas (la Rainha Beth en tête). Alvorada la no morro que beleza, ninguem chora, não ha tristeza...


9. Voici sans doute la samba (quoique par moments cette chanson s'éloigne des canons traditionnels de la "pure" samba) la plus connue à l'étranger, en tout cas dans notre bonne vieille France, par la grâce d'un spot publicitaire des années 80 pour une marque de boisson sucrée bien connue : la fameuse pub Schweppes et son noir et blanc granuleux, ses muses en longues robes noires dansant jusqu'à plus soif (sic !) et aux formes callipyges, la plage de Leme en toile de fond. Et c'est le poète, écrivain et chanteur à grand succès Chico Buarque (carioca également, est-il besoin de la préciser ;) qui a composé cette autre ode à la joie. Essa moça ta diferente, ja não me conhece mais...


10. Comment conclure cette sélection évidemment non exhaustive et encore une fois tellement subjective sans vous offrir cette samba au corps triste et aux paroles qui célèbrent la nécessaire continuation de cette musique d'une richesse et d'une profondeur quasi sans égale, même après que minhas pernas não puderem aguentar (mes jambes ne puissent plus le supporter). C'est Alcione (née à São Luis, dans le Maranhão, enfin une non-carioca !) qui interprète avec un talent indescriptible cette samba intemporelle composée par Edson Conceição en 1975 et  intitulée "Não deixe o samba morrer" (Ne laissez pas la samba mourir) : message bien compris, Alcione ! Quando eu não puder mais pisar na Avenida, levar meu corpo junto com meu samba...


Et tiens je ne peux résister au plaisir de poster aussi ce qui est certainement le samba-enredo (la chanson créée tous les ans par chacune des écoles de samba, avant de défiler sur le Sambodrome) le plus célèbre de l'Histoire, hymne parmi les hymnes du Carnaval de Rio : "Explode Coração", de la grande (encore une !) Salgueiro, composé pour le défilé de 1993, année où l'école du quartier de Tijuca remporta haut-la-main son 8ème titre dans l'arène mythique de Sapucai ! Quelle énergie ! Qui peut raisonnablement rester assis en écoutant cela ?! Explode coração, na maior felicidade, é lindo meu Salgueiro, contagiando sacudindo essa cidade !...


Et vous, quelle est votre samba préférée ? :)

26 mai 2011

Pauvreté et inégalités sociales au Brésil : des progrès, mais le chemin est encore long...

"Brazil takes off" (The Economist, décembre 2009), "Brésil : le nouvel Eldorado" (Le Point, mai 2010), "Brésil, un géant s'impose" (Le Monde 2, novembre 2010)...A écouter ou lire les médias, on a l'impression que le Brésil, tout à sa croissance débridée (encore 7,5% en 2010), est enfin rentré dans la cour des grands, dans ce Primeiro Mundo (le Premier Monde, c'est ainsi que les brésiliens définissent les traditionnelles économies occidentales développées) regardé depuis toujours par les brésiliens eux-mêmes avec déférence et envie... 
Cependant, deux études parues de manière quasi concomitante, au début de ce mois de mai, viennent altérer ce tableau idyllique d'une nation, qui, si elle a accompli depuis une dizaine d'années des progrès indéniables en matière de développement économique et de création de richesses, n'en reste pas moins un pays où les inégalités sociales sont criantes et où l'extrême pauvreté est loin d'être éradiquée. 

Le nouvel Eldorado, vraiment ? 

# Un niveau d'inégalités sociales encore insupportable :

L'institut d'études de la Fundação Getulio Vargas (FGV) a publié voici quelques semaines un rapport intitulé "Inégalités et revenus durant la décennie 2000-2010", qui établit que le fameux indice de Gini (coefficient qui mesure le degré d'inégalité dans la répartition des revenus d'un pays) du Brésil n'a fait que chuter (plus celui-ci tend vers 0, plus le pays est égalitaire) sur 10 ans, passant de 0,61 à désormais 0,53. Le chiffre les plus parlant est celui-ci : le revenu moyen hors inflation de la tranche des 20% des brésiliens des plus pauvres a augmenté de 50%, quand celui des 20% les plus riches n'a augmenté que de 9%. C'est évidemment une formidable avancée, qu'il ne faut pas minimiser. 
Le bémol, c'est que malgré cette forte réduction des disparités salariales, le Brésil reste l'un des pays les plus inégalitaires au monde (85ème sur les 100 listés par l'étude), et qu'il faudra du temps, beaucoup de temps (si cette tendance de la baisse des inégalités se confirme) pour rejoindre les standards du "Premier Monde" (l'indice de Gini moyen de l'Union Européenne est de...0,29). De surcroît, l'inégalité est encore moins supportable dans un pays qui n'a pas atteint, loin s'en faut, le niveau de revenu moyen que l'on connait en Europe : ainsi, le PIB moyen par habitant au Brésil s'établit à 10.500 $ pour 2010, ce qui le placerait...en dernière position de l'Union Européenne, derrière la Bulgarie (12.600 $) et la Roumanie (11.500 $), et loin de la moyenne de notre Europe à 27 (à 33.700 $).  
Que faut-il faire pour réduire encore le différentiel de revenus ? La croissance économique et le partage des fruits de celle-ci doivent bien entendu se poursuivre, mais cela ne suffira pas : il faut que l'Etat fédéral se charge de réformer en profondeur la fiscalité des revenus et du patrimoine, en particulier en décidant enfin de relever le seuil scandaleusement bas de l'impôt direct sur le revenu (le palier supérieur se situe à un tout petit 27%...). Pour être accepté, cette indispensable réforme doit s'accompagner d'une politique impitoyable de chasse au gaspillage de l'argent public...et à la corruption, encore endémique au Brésil, comme le démontrent les nombreux scandales qui continuent d'émailler la scène politico-économique du pays. 


# Une extrême pauvreté encore beaucoup trop présente :  

C'est LA promesse majeure de campagne de Dilma Rousseff, la présidente fraîchement élue : en finir avec l'extrême pauvreté au Brésil, composée des personnes vivant avec moins de 1 € par jour (environ 70 R$ par mois), à telle enseigne que le slogan qu'utilise le gouvernement dans ses nombreuses campagnes de communication est devenu "Le Brésil : un pays riche et sans misère". S'appuyant sur les données issues de l'Institut Brésilien de la Géographie et des Statistiques, l'IBGE (l'équivalent de notre INSEE), le Ministère du Développement Social a divulgué début mai le nombre de brésiliens considérés comme "miséreux", et le chiffre est effrayant : plus de 16 millions des concitoyens de Dilma vivent avec moins de 70 R$ par mois, soit l'équivalent de la population des Pays-Bas ! Cette extrême pauvreté, trop souvent oubliée par les médias internationaux, est majoritairement présente dans le Nord-Est du pays (60% des miséreux y résident), et touchent bien plus les noirs et métis (62% des très pauvres) que les blancs ("seulement" 26%). 

Gameleira, dans le Pernambuco :
l'un des Etats les plus pauvres du Brésil

Il est une conséquence dramatique de l'imagerie "eldoradienne" que l'on donne aujourd'hui du Brésil : les dons aux ONG locales ont chuté dans des proportions considérables, de plus de moitié en 5 ans pour certaines d'entre elles, remettant en cause la survie de nombreux programmes dans les quartiers déshérités des grandes villes ou dans les régions pauvres du pays.
Le gouvernement promet néanmoins d'éradiquer ce fléau endémique d'ici à la fin du mandat de Dilma, en 2014, en fournissant, à travers le programme -encore en gestation- "Le Brésil sans misère", un complément de revenu à ces familles déshéritées, et en leur donnant un meilleur accès aux "services sociaux basiques", tels les soins de première nécessité. Souhaitons que ce programme parvienne à ses fins ! Dans l'intervalle, n'oubliez pas la masse considérable des brésiliens qui passent à côté du miracle économique que l'on fait miroiter sans cesse à nos âmes crédules, et soyez partageurs, par exemple avec l'ONG Terr'Ativa, que j'ai visitée le mois dernier dans la Zona Norte de Rio, et qui effectue un travail difficile et remarquable loin des projecteurs. 

25 mai 2011

Week-ends autour de Rio (3/3) : La vallée des fazendas de café

Après vous avoir emmené du côté d'Arraial do Cabo, puis d'Ilha Grande, je vous propose aujourd'hui de quitter le littoral fluminense et que nous nous aventurions à l'intérieur des terres de l'Etat de Rio, à quelques 150 kms au nord de Rio de Janeiro, non loin de la frontière avec l'Etat du Minas Gerais : c'est ici, dans ces vallées verdoyantes, qu'ont fleuri, grandi, prospéré, puis décliné, tout au long du XIXème siècle, les fameuses fazendas de café. C'est dans cet ex-triangle d'or, constitué des villes de Valença et de Barra do Pirai, de Vassouras, l'officieuse "capitale" de la vallée du café, ainsi que du pittoresque village de Conservatoria, que fut produite pendant des décennies la majeure partie du café du Brésil post-colonial, au sein de terres arables d'une grande richesse, à la météo parfaite et à la main d'oeuvre (les esclaves) corvéable à merci. Les propriétaires de ces terres ont alors rivalisé de zèle pour construire des demeures majestueuses, que le terme fazendas (littéralement ferme) retranscrit bien mal. Ce sont des dizaines de splendides propriétés, représentant un patrimoine culturel et historique considérable, que l'on peut désormais visiter tout au long de cette route quasi légendaire du café.

La région des fazendas de café (en rouge) et les principaux
points d'intérêt (en vert) : cliquez sur la carte ! 

Pour notre part, nous sommes partis à la découverte de deux d'entre elles, à partir de notre camp de base établi à Valença (au sein du charmant hôtel Palmeira Imperial) :

# La somptueuse (et pourtant assez méconnue et peu visitée) Fazenda Paraiso, qui se situe à une dizaine de kilomètres après le village de Rio das Flores, au nord-est de Valença. Elle fut construite entre 1845 et 1853, et appartenait à l'un des "barons" de la vallée du café, le vicomte Guimarães, propriétaire de 15 fazendas à la fin de sa vie. La visite de l'entrepôt de production et ses machines à café centenaires vaut particulièrement le détour - mais la demeure en elle-même est une splendeur, de style néoclassique sur deux niveaux, pour une surface totale de...2.200 m², de quoi y loger du monde !

La très belle entrée et les initiales "FP" sur le portail
La demeure, 1/2
La demeure 2/2
Le jardin et ses palmiers géants

# La non mois belle (quels jardins !) et pluri-disciplinaire (un site historique et culturel construit par le vicomte de Pimentel en 1860, une jolie "maison de musique" pour accueillir divers groupes de musique traditionnelle lors du festival hivernal, une activité de production artisanale de confitures, sauces et desserts en tout genres...) Fazenda Vista Alegre, que l'on rencontre sur la superbe route qui mène de Valença à Conservatoria. La maison principale est encore habitée aujourd'hui, ce qui lui donne un aspect plus "accessible", j'ai failli dire "commun", les photos qui suivent donnent la mesure de l'erreur linguistique que j'aurais commise ! :)

La maison...encore habitée
Superbe jardin tropical 
La fontaine, d'époque

De nombreuses autres fazendas sont à découvrir dans la région, et certaines d'entre elles vous proposent même de vous loger...à des tarifs malheureusement plutôt très salés ! Mais l'immersion dans ces lieux bucoliques et reposants, loin du bruit et de la fureur de Rio, en vaut la chandelle. Selon l'avis des initiés, les meilleures sont la Fazenda Arvoredo, à Barra do Pirai, la Fazenda União, à Rio das Flores, et la Fazenda Florença, à Conservatoria.

Un mot pour conclure sur le déclin du cycle du café au Brésil, au virage du XXème siècle : la surproduction et l'appauvrissement des terres dans un laps de temps très court y furent pour beaucoup, mais la raison essentielle tient à...la fin de l'esclavage, aboli en 1889 (très tardivement !) : privés de cette main d'oeuvre gratuite et soumise, les fazendeiros (qui luttèrent d'ailleurs longtemps contre l'abolition) se retrouvèrent dans l'impossibilité de maintenir leur activité, très consommatrice en bras. Visiter cette région, c'est aussi se remémorer ces heures sombres de l'histoire humaine, où quelques-uns, riches et blancs, pouvaient asservir une multitude, contrainte et humiliée, parce que noire.

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